les jeux et la grande guerre

Les jeux et la Grande Guerre

Depuis la guerre de 1870, un sentiment patriotique fort a poussé à la création des bataillons scolaires.

En effet l’éducation nationale inclus dans son programme d’éducation civique, exercices de tir et discipline militaire, pour mieux préparer les classes à venir à toute éventualité. Et parfois un peu exacerber un sentiment de revanche.

Le manque de discipline et d’entrainement était un défaut qu’avait constaté nos généraux face aux soldats prussiens et qu’il nous fallait gommer en cas de nouveau différent.

Mais alors que le conflit éclate et pendant que les adultes subissent la guerre et ses atrocités, les enfants hors du front jouent à la guerre , aux petits soldats, par mimétisme, par patriotisme, pour participer….

Les jeux sont utilisés comme exutoires et permettent de dédramatiser la situation.

Que ce soit dans les cours d’école ou dans les rues des villages, ils permettent de « casser du boche » et patienter pour le retour du père ou du grand frère envoyé au front.

Les jeux de mimétisme vont vite se transformer. On passe du gendarme et au voleur à la « guerre de tranchée »,

Les prisonniers d’un jeu ne sont pas vraiment malmenés, les équipes changent de camps et de rôles, parce que les français et leurs alliés sont toujours vainqueurs.

On invente des tactiques militaires, on réinvente la logistique et les moyens d’approvisionner nos soldats.

Ces jolies cartes postales édité pour les orphelins de guerre, réalisées par des illustrateurs de l’époque nous laissent de touchantes scènes de jeu d’enfants.

Si l’armée offre des spectacles aux troupes pour divertissement.

Sur le front, les soldats s’octroient parfois une récréation en jouant pour oublier.

Les cartes, le loto, les dominos, les jeux de dés sont des moments d’oubli dans la dureté de cette guerre.

Petite parenthèse fraternelle ou la concentration sur l’enjeu prime pour quelques instants sur le quotidien.

Les poilus utilisent ce qu’ils trouvent autour d’eux, pour réaliser les jeux dont ils se serviront lors de moments de répit dans les tranchées, les casernes ou les hôpitaux.

Les gains ou les gages sont quelques rations, des « sèches » ( cigarettes de troupes), quelques sous de la solde, l’échange de tour de garde ou corvées, de petits objets fabriqués, des « prises » faites à l’ennemi (insignes, armes)…

Et lorsqu’ils ont enfin une permission ils vont parfois se défouler dans les fêtes foraines ou l’ennemi est une fois de plus la cible à abattre

La production de jeu

S’inspirant de l’actualité, les éditeurs vont produire nombre de jeux patriotiques, souvent de véritables journaux, mémoire dessinée, pour rappeler ce qui est vécu au front par les soldats.

Autant de traces aujourd’hui conservées, sur ce mode « ludique » d’information des enfants.

On leur rappelle le nom et la biographie des grands généraux qui sauvent la France, au travers de jeux de loto imprimés par l’imagerie d’Epinal.

Les boites de puzzles ou de cubes illustrent  souvent très bien la vie de nos soldats, de grandes batailles ou des scènes du quotidien.

 

Les jeux de  l’oie notamment sont des sources iconographiques très conséquentes et certains jeux nous relatent les événements assez précisément,

sur ce jeu de l’oie le maréchal Pétain, un marin du dirigeable le Dixmude (1920)

Ils nous donnent des informations sur l’’évolutions des équipements militaires et des uniformes (jeu militaire aux alentours de 1870)

Dans le jeu de la victoire, on passe bien en effet  du pantalon rouge garance et veste bleue roi (hérité de 1870) a la tenue bleu horizon (1915) beaucoup moins risquée pour nos soldats, à découvert, lors des assauts.

 

Le jeu de la victoire

Le jeu de l’oie de la Victoire est un véritable journal des événements expliqués aux enfants.

Il rappelle au fil des cases les grandes dates et évènements de cette sale guerre.

Je vous en propose une petite lecture au fil des vignettes

On y découvre :

les exactions des ennemis,

 

les victoires de nos soldats et de nos alliés,

 les « progrès » technologiques liés à chaque guerre.

L’évolution des tenues militaires

on passe du pantalon rouge garance et veste bleue roi (hérité de 1870) a la tenue bleu horizon (1915) beaucoup moins risquée pour nos soldats, à découvert, lors des assauts.

 

Nous ferons un petit volet spécifique sur l’aviation.

les allégories patriotiques :

et bien sur les acteurs victorieux

Ces 63 cases de « jeu » résument les 4 ans de conflit et sont un document de mémoire pour que personne n’oublie.

Le mode d’apprentissage par le jeu est un des moyens les plus sur, pour marquer les esprits des enfants mais aussi des adultes.

L’information par l’image, les réseaux sociaux n’existaient pas.

 

Correspondance et jeu de hasard

Les cartes de correspondances envoyées par l’âme sœur, la marraine de guerre ou la famille sont autant de moments de joie dans le triste environnement du front.

Ces cartes  portaient divers messages! Pour la plupart elles parlent de la vie au pays, véhiculent quelques mots d’amour ou de réconfort.

Sur certaines d’entre elles , il suffisait de piquer au hasard pour obtenir une réponse agréable (ou pas !) et pimenter un peu la vie du soldat.

 

Dans le langage des cartes, on dit souvent que;

Le trèfle est associé à l’argent,

Le pique, à la mort ou aux choses graves et tristes,

Le carreau, aux événements brutaux et de changement,

Le cœur, à l’Amour.

Ce n’est pas sans appréhension que le destinataire piquait une aiguille ou un poinçon (issus de sa cousette de poilu ?), les yeux fermés dans la carte reçue.

Sur celle que nous vous présentons, datée de 1916, mariage raté sort 3 fois, déception et contrariété 2 fois…

Mais, visite d’amour, réussite, démarche -voyage, et surprise agréable sortent aussi à leur tour! Qui sait?

Soyons optimistes !

Peut-être une petite permission pour retrouver sa dulcinée et mettre un peu de couleur dans l’univers gris des champs de bataille.

 

La toupie de la victoire

Un grand nombre de jeux à connotation patriotique ont été produits entre 1914 et 1918 et ceux que j’ai pu dénicher, vous seront présentés tout au long de cette année.

Nous commencerons par ce petit toton de carton, appelé « toupie de la victoire »

il s’agit d’un jeu de hasard directement tiré des Totum et qui permet huit solutions au lieu des 4 ou 6 habituelles . La toupie était livrée démontée

.

Dans une petite pochette, sur laquelle étaient indiquées les règles du jeu

.

il suffisait d’enficher le petit bâton ou une allumette au centre de la cocarde de carton.

Les mises pouvaient être de petits jetons ou dans les tranchées, quelques sous, l’échange de corvées, des cigarettes….

Un jeu simple à fabriquer et à utiliser, facile à emporter pour pouvoir jouer n’importe où.

 

Les jeux de cartes

De chaque côté des tranchées on joue au carte,

Côté français,le taro,  la belote , le piquet, la coinche, la contrée sont les jeux pratiqués par nos poilus avec ce type de jeu de cartes.

jeu de Tarot de 1890

jeu de 32 cartes 1850

Côté allemand on joue entre autre à la binocle…avec ce type de jeu de cartes ou les couleurs ne sont pas tout à fait semblables aux nôtres

 

le développement de l’aviation

Jouet à tirer représentant Louis Blériot et son appareil, 1912

Lorsque l’on regarde les vignettes du jeu de la victoire au début de la guerre on va y trouver des appareils volants de type Taube (colombe) il prenait le nom de leur constructeur comme le Jeannin Stahl Taube ou Tumbler Taube ressemblant à de gros oiseaux

ici en vignettes 12, les bombardement ont lieu dés aout 1914

Ils deviendront rapidement plus rapides, plus maniables et plus fiables

Équipés de mitrailleuses synchronisées sur la rotation de l’hélice pour tirer au travers de celle-ci sans risquer de l’endommager, mais surtout pouvoir tirer vers l’avant de l’appareil.

Les combats aériens ne nécessitent plus d’embarquer un mitrailleur à l’arrière du pilote.

Les biplans militaires arrivent dés 1915 1916

et Caudron,  Renault, Spad et Fokker pour ne citer qu’eux vont produire des appareils mythiques encore aujourd’hui.

Ces appareils de  légendes pilotés par des héros du ciel seront reproduits régulièrement, et dans les années 70 la CNP offrira des planches à découper et à  monter aux enfants de leurs clients.

Nous trouverons Côté Français le Spad 7 de  Georges Guynemer

et côté allemand le Fokker D7

de nombreux jeux après-guerre continueront à montrer l’évolution de ces merveilleuses machines volantes qui en 80 ans passeront de 88km/h  (40km en 27 mn) avec Louis Blériot lors de la traversé de la manche, à Mach2, vitesse supersonique (moyenne de 2158km/h) avec le concorde pour la traversée de l’atlantique en moins de 3 heures

les transports de troupe de l’époque n’étant pas encore très au point en 1913.. 😉

Mais si tout cela  pouvait faire rêver les enfants….

C’est tant mieux….

 

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